Nos explorations urbaines nous amènent souvent à côtoyer le passé. Parfois même, ce sont des heures sombres de l’Histoire qui se rappellent à nous, comme pour notre visite du jour.
Toujours dans notre Belgian Winter Camp, notre deuxième spot nous attend.
Nous avançons vers le camp militaire malgré les panneaux d’interdiction. Nous sommes trop occupés à observer la tour de guet qui se dessine au loin pour y prêter attention. Le ciel est bleu, et bien que la neige ait cessé de tomber nous progressons difficilement car il en reste beaucoup au sol. Enfin, nous apercevons les premiers bâtiments qui se dressent devant nous. Ils ressemblent à de petites maisons dans lesquelles il y a eu plusieurs appartements et la neige donne à l’architecture un certain esthétisme. Cela pourrait être un joli coin si l’on oubliait que 70 ans plus tôt, des prisonniers étaient parqués et assassinés dans ces murs.
En effet, construit peu avant la Seconde Guerre mondiale pour héberger les officiers qui surveillaient la ligne Maginot, ce camp a été rapidement pris par les Allemands et transformé en prison. Si l’origine des prisonniers reste imprécise, leur sort en revanche est connu, puisqu’après la guerre les autorités ont exhumé des milliers de corps d’un charnier géant.
Le lieu impose le silence et la neige installe une atmosphère pesante. Seuls quelques animaux surpris par notre présence viennent rompre l’immobilisme du paysage.
Nous ne pouvons pas faire le tour de tous les bâtiments, nous nous concentrons donc sur les plus accessibles et sur le château d’eau qui est encore debout. Puis, toujours en silence, nous repartons en laissant derrière nous ce sombre épisode de l’histoire de notre pays.
Retrouvez les photos dans la galerie Le Ban.
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Entrer à tout prix… Cela fait presque un an que nous réfléchissons à un moyen d’entrer dans ce lieu d’où tout le monde cherche normalement à sortir. Finalement, après de longs moments de réflexion et quelques outils, nous réussissons à entrer.
Le premier contact se fait de nuit, seules les lumières de la ville éclairent nos pas qui se font plutôt hésitants. Lorsque l’on pénètre dans un lieu comme celui-ci, il est impossible de faire abstraction de tout ce qu’il a pu s’y passer. Après avoir passé le second portail en empruntant une porte dérobée, nous arrivons directement dans le couloir qui dessert les premières cellules. Malgré l’obscurité, la première chose qui nous frappe est la vétusté des lieux. Nous sommes habitués à voir des bâtiments et des pièces délabrés, mais ici des gens vivaient, ou plutôt s’entassaient, il y a seulement quelques mois.
Cette prison, ou plutôt ces prisons, ont été construites en 1860. Destinées à une population carcérale maximale de 560 prisonniers, elles devinrent surpeuplées et vétustes. C’est en 2009 qu’elles ont fermé leurs portes, les prisonniers ont alors été transférés dans une prison neuve, à l’extérieur de la ville.
Nous continuons l’exploration de cette partie de la prison en nous demandant comment faire pour accéder à l’autre partie, séparée par une route et des murs hauts de 10 mètres. Plus tard, dans les sous-sols, nous trouvons finalement un tunnel (chose assez ironique dans une prison). Il permet de passer sous la route pour se rendre dans l’autre prison, elle aussi abandonnée. En partie inondé, c’est avec les pieds mouillés que nous entrons dans la seconde prison.
C’est ici que nous vous quittons pour que vous puissiez continuer la visite par vous même…
Retrouvez les photos dans la galerie 24h en Prison.
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